Finalement, je n'ai pas rejoint le groupe des tricoteuses ce jour-là, mais j'ai découvert mon premier prétendant sur Twitter, qui n'était nul autre que Bon Jovi! Il m'avait bel et bien laissé un message privé sur Twitter.
Nous avons échangé pendant plusieurs jours des trucs très basiques : combien de temps j'étais une fan,
quelle était ma chanson favorite…
Mais rien de plus. Je n'étais pas une groupie de lui, mais il y a de ça des années, j'avais acheté un album à faire tirer dans ma classe à l'élève qui lirait le plus de livres. C'est comme ça, par hasard, que j'avais découvert sa musique autour des années 1985.
On se twittait et on se racontait tout du soir au matin.
Puis, voilà qu'un jour, il me demande de chatter avec lui à l'extérieur de Twitter, sur un autre réseau social. Un peu comme WhatsApp, Zangi.
Les gens obtiennent un faux numéro de téléphone et vous contactent tout en gardant l'anonymat. Vous pouvez envoyer des photos et faire des appels vidéo, mais tout reste sous une identité cachée.
Alors, j'ai dit que j'allais réfléchir, que mon Twitter me plaisait et que ça allait comme ça.
Il n'avait pas aimé que je prenne du temps à réfléchir, alors il m'avait bloquée.
Bref, j'avais été voir une vidéo qu'il avait postée sur TikTok. Vraiment, à chaque fois que je voyais cette vidéo, il me faisait l'effet d'une bombe atomique. Dommage. C'était vraiment le genre d'homme que je recherchais, à l'exception de ses cheveux gris. Mais je devais me rendre à l'évidence que moi aussi, j'en avais.
Mais je ne voulais pas faire partie de ce groupe de têtes grises, et surtout pas moi. Un homme, ça passait encore, mais une femme...
De toute façon, je ne cherchais personne, mais alors pas du tout. Mais Bon Jovi, quand même, il était plus que hot.
Oh que non. Je réalisais que je vivais un super choc post-traumatique de ma coupure de travail.
Je ne faisais pas du 9 à 5. Moi, je me promenais d'hôtel de luxe en hôtel de luxe à apprécier la bonne chère. Et maintenant, je n'aurais plus le droit à tout ça.
Je roulais sur l'autoroute et les larmes coulaient sur mes joues. J'ai tout foutu en l'air pour prendre ma retraite, mais mon corps attrapsit tout depuis la Covid. Tout était si difficile : mes os me faisaient mal, me pencher me faisait mal. J'étais rendue à attraper toutes les maladies du monde. Je revenais d'un vol et je passais le reste de mes journées de congé couchée, allongée sur le divan, jusqu'au prochain vol. Je downloadais les photos pour mon blog de voyage et je n'avais plus d'énergie à la compagnie. Tout n'était plus comme avant. Je travaillais avec des gens que je ne connaissais même pas, c'était bizarre. Les gens avaient changés.
J'attrapais toutes les maladies du monde. Oui, j'aimais les hôtels de luxe, mais j'adorais me traîner les pieds dans le Vieux Delhi, dans les ruelles étroites de Marrakech, dans la Casbah de Tanger ou sur la grande rue Al-Muizz li-Din Allah au Caire, comme un vieux musée à ciel ouvert, ou sur le bord de mer au port d'Alger à voir les pêcheurs. Ce sont les endroits que j'adorais visiter.
Alors, je regardais la vidéo de Bon Jovi. Il avait l'air tellement sympathique et vrai. Il avait ce petit sourire en coin, ça me donnait une petite joie et ça faisait mon bonheur.
Bon, à cr moment là, on sortait l'Intelligence Artificielle en grande pompe sur TikTok, et on insultait carrément les personnes de mon âge, comme si on était des handicapés incapables de suivre l'évolution de la société. L'Intelligence Artificielle par-ci, l'Intelligence Artificielle par-là, dépêchez-vous si vous avez plus de 40 ans, plus de 50, plus de 60, plus de 65…
Ah, ça m'étouffait carrément d'entendre cela, d'entendre que je faisais partie de ces groupes de nuls, misérables, impotents de la technologie.
Je vais leur montrer de quel bois je me chauffe ! Je vais leur montrer qu'à mon âge, on est encore capable de faire des choses, oui !
Et en me promenant sur TikTok, j'ai vu qu'il y avait une application pour écrire sa propre musique. J'avwis jubilé intérieurement. J’avais vite découvert qu’elle intégrait des moteurs d'Intelligence Artificielle.
L'outil pouvait suggérer des arrangements et des accords basés sur les mélodies que j'écrivais. C'était une ironie délicieuse. Au lieu de me laisser écraser par la technologie, j'allais la détourner à mon avantage. L'IA n'était pas un obstacle pour les seniors, c'était un amplificateur. Ma sagesse, mes voyages, mon cœur brisé... l'IA allait être le clavier qui transformerait tout cela en symphonie. C’était la parfaite cerise sur le sundae.
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