Chapitre 14 : La découverte de Cape TownJ'étais en mode attaque, prête à crier et à courir. Le bureau des autobus à deux étages était encore assez loin pour cette zone à risque pour la « petite peau blanche » que je suis. Heureusement, je suis arrivée saine et sauve, pour m'entendre dire que ce n'était pas à cet endroit, mais plus loin ; je devais prendre un taxi pour m'y rendre et on allait m'en appeler un.
Il y avait deux vieilles dames blanches, plus âgées que moi, en shorts (vraiment !), et elles s'en allaient d'où j'arrivais. Je leur ai interdit d'y aller, leur expliquant qu'il était trop dangereux de s'y aventurer. C'est alors que je me suis rendu compte qu'elles voulaient faire la même chose que moi. J'ai donc partagé mon taxi avec ces chanceuses qui venaient séjourner ici pour un mois. Je me suis assise à l'avant avec le chauffeur, le très gentil Joseph.
Il était super sympa et parlait anglais et français. Il nous déposa gentiment à l'autre point de rassemblement pour les tours. J'avais pris un billet pour un tour guidé de la ville afin de voir le coucher du soleil. J'avais pris la peine d'avertir tout le monde de l'endroit où j'allais sur WhatsApp ; c'était plus sécuritaire comme ça. J'avais même écrit à Andy avant de partir de ma chambre. Je lui avais signalé que j'existais encore, que je faisais mon voyage sans lui, et je lui avais montré la jolie petite chambre que j'avais trouvée.
Bref, quand je suis descendue du taxi, Joseph s'est proposé de me ramener. Je lui ai dit que j'allais sûrement aller souper et il m'a suggéré de très bons restos à découvrir à quelques pas d'ici. Je n'avais qu'à lui envoyer un message sur WhatsApp. C'était sympa de sa part.
J'ai adoré ma fin de journée à Cape Town. J'y déménagerais demain matin : ces montagnes en plein cœur de la ville, ce bord de l'eau, ces couleurs merveilleuses... Mais encore une fois, j'avais froid. J'avais mon « hoody » du Lesotho, mais avec mes pantalons en tissu de parachute, ce n'était vraiment pas l'idéal. Pourtant, il n'était pas question que je ne prenne pas place au deuxième étage. Woa ! C'était simplement sublime. Entre Vancouver et Cape Town, j'aurais beaucoup de difficulté à choisir, car ici, il y a les pingouins, les safaris...
Nous sommes montés jusqu'en haut de la montagne. Comme j'ai le vertige, je restais penchée et j'envoyais des messages à Andy. J'étais tellement excitée ! Je lui envoyais des photos, puis je me recroquevillais pour me réchauffer. La vue de là-haut était époustouflante.
J'ai attendu en ligne pour m'acheter un chocolat chaud — en Afrique du Sud, il faut le faire ! Et surprise : c'était l'un des meilleurs chocolats chauds, juste après Godiva, que j'aie jamais bu. Le timing du coucher du soleil était parfait ; un endroit idéal pour les amoureux... mais le mien n'était pas là.
J'étais déçue et triste, mais il fallait bien se rendre à l'évidence : c'était un amour virtuel avec un « je-ne-sais-quoi ». Finalement, je ne l'avais même pas encore vraiment vu en vidéo sur WhatsApp. À quoi m'attendais-je de ce type ? Absolument rien. Il fallait se rendre à l'évidence : il n'était pas venu. Il n'avait pas fait le chemin depuis la Somalie, l'Afrique du Sud ou le Lesotho pour venir me voir. Cela en disait long. Il m'avait quand même écrit à l'heure pile du coucher du soleil... mais allais-je me contenter de si peu dans ma vie ? Non. Je faisais un excellent voyage. Je prendrais une décision à mon retour.
Pour l'instant, cela me faisait un compagnon virtuel pour le voyage et je me trouvais moins seule, ou pire...
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