Chapitre 14 : La découverte de Cape Town
J'étais en mode attaque, prête à crier et à courir. Le bureau des autobus à deux étages était encore assez loin pour cette zone à risque pour la « petite peau blanche » que je suis. Je traversais ces quartiers de drogués où la misère humaine sautait aux yeux. C’était tellement tendu qu’il y avait des policiers postés à tous les poteaux. Sur mon chemin, je suis entrée à toute vitesse car unnhomme n'arrêtais pas de me suivre et la dame dans la boutique m'a expliqué ce quartier et que
je ne devais pas rester là, que c'était trop dangereux pour moi.
Heureusement, je suis arrivée saine et sauve au bureau, pour me faire dire que ce n'était pas à cet endroit, mais plus loin ; je devais prendre un taxi.
Un taxi!
Et pour m'y rendre on allait m'en appeler un. Il y avait deux vieilles dames blanches, plus âgées que moi, en shorts (vraiment !), et elles s'en allaient d'où j'arrivais. Je leur ai interdit d'y aller, leur expliquant ce que la dame et la présence policière m'avaient fait comprendre : il était trop dangereux de s'y aventurer. C'est alors que je me suis rendue compte qu'elles voulaient faire la même chose que moi. J'ai donc partagé mon taxi avec ces chanceuses qui venaient séjourner ici pour un mois. Je me suis assise à l'avant avec le chauffeur, le très gentil Joseph. Il était super sympa et parlait anglais et français.
J'avais pris un billet pour un tour guidé de la ville afin de voir le coucher du soleil. J'avais pris la peine d'avertir tout le monde de l'endroit où j'allais sur WhatsApp ; c'était plus sécuritaire comme ça. J'avais même écrit à Andy avant de partir de ma chambre pour lui signaler que j'existais encore et que je faisais mon voyage sans lui. Bref, quand je suis descendue du taxi, Joseph s'est proposé de me ramener après mon tour. Il m'a suggéré de très bons restos à découvrir à quelques pas d'ici.
J'ai adoré ma fin de journée à Cape Town. J'y déménagerais demain matin : ces montagnes en plein cœur de la ville, ce bord de l'eau, ces couleurs merveilleuses... Mais encore une fois, j'avais froid dans mes pantalons en tissu de parachute. Pourtant, il n'était pas question que je ne prenne place au deuxième étage du bus.
Woa ! C'était simplement sublime. Nous sommes montés jusqu'en haut de la montagne. Comme j'ai le vertige, je restais penchée et j'envoyais des photos à Andy. J'étais tellement excitée ! La vue de là-haut était époustouflante et j'ai bu l'un des meilleurs chocolats chauds de ma vie. Le timing du coucher du soleil était parfait ; un endroit idéal pour les amoureux... mais le mien n'était pas là.
J'étais déçue et triste. Je me suis rendue compte que je vivais deux voyages à la fois : l'un dans un paradis africain, et un second, subliminal, une mission à hauts risques.
Andy m'avait dit qu'il était coincé au Ghana, détenu sur une base militaire pour interrogatoire, sans papiers. Dans ma tête, il était toujours ce Marine sous couverture, et il me faisait passer un « Safari Boot Camp », me testant pour voir jusqu'où j'irais. Je me sentais comme dans une scène du film: True lies avec Arnold.
Le lendemain matin, j'attendais l'ouverture de la banque vers 9 h. Les drogués traînaient encore dans les rues, leurs regards vides croisant le mien dans la lumière crue du jour. C’était excessivement dangereux. Je me suis retrouvée devant ces grandes portes qui s'ouvraient enfin, laissant entrer tout le chaos de la rue. Joseph m'attendait dans son vieux taxi, son regard fixé sur moi. Je me demandais s'il allait me « domper » quelque part après le dépôt, me voler et me laisser là. La peur me tordait les entrailles. Je ne le comnaissais pas vraiment.
Je devais me présenter à un officier assis à un bureau en bois, à peine à trois pouces du trottoir, je vous le jure et je devais lui donner mon argent américain pour le changer en rands sud-africains pour mon séjour à Cape Town, le tour avec Joseph et déposer le reste dans un compte. puis l’officier me fît signe de la main d’aller moi-même au guichet pour le transfert d’argent que je voulais effectuer.
Bien sûr, je me retrouvais sur le bord du trottoir avec une liasse d’argent dans les mains, avec ce drôle de chauffeur, le bras sorti de sa fenêtre, qui m’attendait et me regardait d'un drôle d'air. Je devais faire ce truc que je n’avais jamais fait de ma vie : c’était comme avoir un gun sur la tempe. Le stress grimpait d'un cran. J'ai dû me reprendre pas deux fois et finalement aller chercher le caissier pour qu'il me vienne en aide, j'avais aucune idée comment la machine fonctionnait et encore moins déposer de l'argent et lá en même temps je devais texter Andy pour qu’il me donne son numéro de compte en banque pour déposer l’argent.
Bien oui, même s'il ne s’était pas pointé, j’étais venue ici pour une seule chose : remettre l’argent pour le fils d’Andy. Quand il y avait la vie d’un enfant en danger, je prenais les choses au sérieux. Et même si ce n’était pas vrai, je m’en foutais. Je n’avais qu’une seule parole.
Si jamais ça s’avérait faux, j’irais moi-même en personne à la base militaire de San Diego, tout près de chez ma tante, pour me plaindre à son superviseur. J’avais quand même un bon plan B!
Dans ce chaos, je devais essayer de rejoindre Andy mais écrire avec des liasses d 'argent dans une main, texter dans l'autre main à la vue de tout le monde n'était pas évident. Il me donna ce numéro de dépôt avec une lenteur @africaine exaspérante. Le stress ne faisait que grimper et je regardais tout partout de peur de me faire agresser tout en voyant le chauffeur Joseph s'impatienter et se demander qu'est-ce que je pouvais bien fa
Manigancer qui prenait tant de temps.
À ce moment-là, j’avais l’impression d’avoir un pistolet sur la tempe. Chaque seconde était un risque.
Finalement Andy me donna son numéro puis il fit une erreur sur le montant, javais dû recommencer deux fois quelle merde. Tout était en double ce matin, un deux pohr 1 de fucking stress. Bref, je n'ai qu 'une seule parole et ma bonne actiinnétait faite. Je venais de sauver la vie d 'un homme et de son fils...
My part of the deal is done! so long Andy!
Mais même s'il n'était pas là, ou qu'il n'était pas venu au Lésotho, j'allais aller jusqu'au bout parce qu'un enfant était impliqué. Je n'ai qu'une seule parole et que si c'était vrai qu'il était mal prit au Ghana, j'aurai eu le sentiment de lui avoir vraiment sauver la vie.
Pourquoi ai-je fait ça ? Parce qu'à 66 ans, je souffrais de la peur de vieillir et de voir ma vie devenir plate. Je pensais que c'était peut-être la dernière fois que je quittais la maison, alors je voulais une aventure inoubliable. J'avais besoin de ce piquant. Finalement, mon « méchant loup » n'était pas si pire : sans le savoir, il me donnait exactement ce que je cherchais.
Il me faisait me sentir plus vivante que jamais. J'étais l'héroïne de ma propre aventure comme avant quand je partais en aventures.
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